Le “Mauvais feuilleton du rapport Doligé” Réaction de Denis GUIHOMAT

Le “Mauvais feuilleton du rapport Doligé” Réaction de Denis GUIHOMAT

Ainsi donc le sénat a adopté en deuxième lecture le principe de la suppression des CCAS dans les communes de moins de 1500 habitants.

Voici un nouvel  épisode pour un feuilleton commencé il y a presque 2 ans à l’initiative du sénateur Doligé et dont l’une des plus palpitantes scènes fut Roselyne Bachelot, alors ministre, arborant fièrement le tee shirt « touche pas à mon CCAS » que venait de lui remettre Patrick KANNER, président de l’UNCCAS, à son congrès de Paris 2011.

On croyait l’affaire enterrée après le rejet par l’assemblée nationale. C’était compter sans la conviction de quelques sénateurs dont on ne pourra pas dire qu’ils n’ont pas de suite dans les idées. On peut pourtant se demander ce qui peut bien expliquer cet acharnement à vouloir supprimer ces pauvres CCAS  contre l’avis presqu’unanime des élus représentés par l’UNCCAS  et des cadres communaux de l’action sociale représentés par l’ANCCAS. Répétons le ici notre position ne relève d’aucun corporatisme.

L’ANCCAS ne compte aucun adhérent issu d’une commune de moins de 1500 habitants pour la bonne raison qu’il n’existe pas de CCAS ayant de consistance réelle dans ces communes. Cette proposition de loi propose de supprimer des CCAS qui n’existent pas ou sont des coquilles vides ! En nous opposant  à cette suppression nous ne voulons pas défendre des établissements fantômes, nous voulons défendre le principe d’une action sociale de proximité à la ville comme à la campagne. Car enfin , la question qu’il faut se poser n’est elle pas : pourquoi  les CCAS des communes de moins de 1500 habitants sont ils des coquilles vides ?

Ces communes n’auraient elles pas de besoin de crèches, de maisons de retraite, de foyers logements, de dispositif d’aides aux plus démunis, de portage de repas, de solidarité et de lien social…toutes les actions que mènent les CCAS et les CIAS ! Personne ne le prétend et chacun sait le pourquoi de cette absence de réponse  :  ces communes n’ont pas de moyens . Chacun connait aussi la solution: l’intercommunalité. Voilà pourquoi nombreux sont déjà les élus ruraux qui ont regroupé leur CCAS en CIAS. Voilà pourquoi nous disons depuis longtemps que le CIAS est l’avenir de l’action sociale de proximité.

Alors oui nous sommes pour la suppression des CCAS dans les communes de moins de 1500 habitants mais non pas pour satisfaire des élus en mal de simplification mais à la condition qu’ils soient remplacés par des établissements intercommunaux d’action sociale , seuls en capacité de garantir une certaine égalité de traitement sur l’ensemble du territoire.

imprimer