Lettre d’information n°105

Notre ami Yves CAMPER, Directeur du CIAS de LUXEUIL et Vice Président de l’ANCCAS, est mort. Il a choisi de quitter notre monde qui ne l’intéressait plus, épuisé par un état de santé défaillant et des conditions de travail dont il se plaignait depuis longtemps. Il ne s’agit pas ici de rechercher de quelconques responsabilités. S’il y a lieu, une enquête le dira. Je ne sais pas pour ma part ce qui relève du vécu et ce qui relève du ressenti. Je sais par contre que dans une lettre destinée au Président de sa communauté de communes, et qu’Yves m’a adressée en copie, notre collègue y décrit ce combien il vivait mal depuis 2008 les amputations de services faites à son CCAS, sa mise à l’écart de toutes les procédures de décision, l’absence d’échanges et d’informations. Tous ces faits qui, mis bout à bout, signifiaient pour lui mise au placard et plus encore sans doute à ses yeux la négation d’une carrière bien remplie. Plusieurs fois depuis 2008, Yves m’avait parlé de sa situation professionnelle telle qui la ressentait. Plutôt réservé, Yves n’était pas du genre à s’épancher mais je sentais bien qu’il vivait cela comme une profonde injustice. Il n’acceptait pas qu’à si peu d’années de la retraite son employeur semble lui dénier ses compétences et sa longue expérience. Il aurait pu c’est vrai se dire qu’après tout il n’avait plus rien à prouver et attendre sans s’en faire en longue maladie l’heure de la retraite. Je le lui avais conseillé. Mais Yves était un honnête homme. Il pensait pouvoir encore travailler, il voulait être encore utile. Il n’acceptait pas d’être une charge pour quiconque. Ne voyant plus d’issue, il a décidé de partir : « devant ce désert qu’est devenu mon travail … je n’ai devant moi plus qu’une solution… ». C’était ta décision Yves. Nous l’acceptons parce qu’il le faut bien. Elle nous plonge dans une grande tristesse.

Adieu compagnon.

Denis GUIHOMAT

 

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