Lettre d’information n°93

Jamais sans doute le thème de notre congrès n’aura autant collé à l’actualité. La mise en œuvre du RSA le1er juin prochain en inquiète plus d’un .Il n’y a qu’à voir le nombre de réunions qui y sont consacrées dont certaines ont le mérite de mettre autour de la même table les Conseils Généraux, les CAF, le Pôle emploi et les CCAS. Ces concertations tous azimuts démontrent il est vrai une certaine fébrilité mais aussi un véritable souci de réussir l’introduction de cette réforme dont chacun pèse les enjeux pour la vie quotidienne de millions de nos concitoyens. Tous, ou à peu près, nous sommes d’accord avec le principe que sous entend cette réforme : tout travail mérite salaire. Tous nous connaissons des bénéficiaires des minima sociaux pour lesquels le retour à l’emploi est compliqué par des calculs infaisables de pertes de ressources et de remboursements d’indus. Le RSA est censé redonner au travail l’une de ses fonctions majeures : permettre à celui qui l’accepte de mieux gagner sa vie. Pour quelques millions de personnes cette réforme devrait se concrétiser par un peu plus d’argent pour assurer le quotidien. Toutefois la complexité, au moins apparente, du calcul de cette allocation et un système trimestriel de récupération d’indus ne vont-ils pas compliquer son appropriation par ses bénéficiaires ?

Le RSA n’est pas la formule miracle pour résoudre la pauvreté et il est sûr qu’à l’heure où les emplois se détruisent chaque mois par dizaines de milliers on peut légitimement craindre que la crise aura des effets sur la mise en œuvre de cette mesure. Y a-t il un risque de voir se multiplier les situations de cumul d’allocations et d’emplois précaires ? Le dispositif est il viable avec une explosion du nombre de chômeurs annoncés par certains économistes ?
Les questions à poser à Martin HIRSCH, Haut commissaire aux solidarités actives, ne manqueront pas. Il faudra aussi, même si ce n’est pas le thème de notre rencontre, évoquer avec lui la situation de la jeunesse dont on doit craindre les réactions face à une crise dont elle n’est pas responsable et des effets de laquelle nous ne saurions pas au moins en partie la protéger. La solidarité n’est pas une affaire de maturité.
Alain THEVENET et son équipe, le Conseil d’administration et moi-même vous attendons nombreux à ROUEN les 11 et 12 JUIN pour notre 32éme congrès qui s’annonce comme un temps fort de la vie de notre réseau.
Denis GUIHOMAT

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